Le web évolue vite, même très vite, la recherche de qualité et d'innovation prend une part importante dans cette évolution. Reconnaissons-le, depuis quelques années, l'évolution du web est plutôt bonne : des standards puissants et relativement simples, beaucoup de nouveautés, etc.
Toutefois, dans ce foisonnement, je constate quelques aberrations qui justifient… ce genre de billet.
Deux exemples me viennent à l'esprit, mais ils sont loin d'être exhaustifs :
Performances web
Certains sites mettent en place des chargements différés via Javascript, afin d'accélérer le sentiment de vitesse de rendu, ou la vitesse de rendu proprement dite.
Si l'intention d'améliorer les performances est louable (moi le premier, je suis ce domaine avec beaucoup d'attention), il faut quand même faire attention à ne pas baser tout sur ce genre de systèmes sans aucune solution de repli.
Les conséquences d'une quête de performance non-sensique peuvent être catastrophiques si aucune solution de repli n'est prévue :
- Des pertes de contenus par exemple quand Googlebot vient indexer votre page, ce qui implique des pertes de référencement !
- Si l'internaute n'a pas Javascript activé et que le site ne prévoit pas ce cas, point de salut, là, il y a tout simplement perte de visiteurs.
Bref, la quête absolue de performance est contre-productive.
Frameworks CSS
LESS est une extension du langage CSS, qui permet l'utilisation de variables, des fonctions, etc.
Il y a quelque temps sur Twitter, je vois un exemple d'un site utilisant la syntaxe LESS. Très bel exemple d'ailleurs, je suis surpris agréablement par un graphisme chatoyant.
Je désactive Javascript et là surprise, aucune CSS, je me retrouve avec le contenu du site sans style ! Le code HTML était pourtant très bien structuré (pas de perte de référencement dans ce cas), mais aucun stylage de secours si Javascript est désactivé, c'est surprenant ! J'imagine qu'une balise noscript
aurait solutionné le problème.
Comme toute chose, ce ne sont ni LESS ni les chargements différés qui sont de mauvaises choses, c'est l'utilisation maladroite qui en a été faite. Au risque de froisser les ayatollahs qui lisent des articles à temps perdu sans s'y confronter, je suis le premier à reconnaitre que le site (non trivial) parfait n'existe pas. Et je ne vais pas nécessairement blâmer les concepteurs, le manque de temps et/ou d'expérience, la difficulté de maintenir parfois un niveau de qualité élevé et tout simplement des choix délibérés occasionnent parfois des surprises.
Toutefois, l'ébullition constante du domaine ne doit pas occulter une réflexion simple à avoir en implémentant diverses choses : est-ce que je ne perds pas l'essentiel en ajoutant une fonctionnalité ?
Un site rapide mais impossible à référencer, un site joli mais difficile à lire, un site techniquement avancé mais inconsultable sur une part non négligeable de visiteurs… c'est intéressant techniquement ou artistiquement, mais on oublie l'essentiel : l'accès à l'information.